Le Sélestadien a dominé de bout en bout une course qu'il a terminée sur les rotules, handicapé par des crampes persistantes. Derrière, le Strasbourgeois Clément Simon en a profité pour retrouver des couleurs.
Pour une première, il s'en souviendra ! Arnaud Bucher, 31 ans, est plus connu pour ses performances sur 10 kilomètres que pour ses exploits en marathon. Il y a une dizaine d'années, il s'est bien rendu à New York, pour disputer la plus célèbre des courses de fond. Mais c'était pour mieux refermer une parenthèse qu'il a donc décidé de rouvrir hier matin à la fraîche.
Pour le 5ème anniversaire de leur épreuve fétiche, les organisateurs du marathon de Molsheim voulaient « un grand nom ».
« On souhaitait faire venir quelqu'un de connu pour que ce soit un événement », résume Thierry Pees-Martin.
Presque naturellement, ils jettent leur dévolu sur Laurent Jalabert, ex-star du Tour de France qu'il commentera encore cette année en qualité de consultant pour France Télévisions. Le retraité du cyclisme de haut niveau, devenu très récemment sélectionneur de l'équipe de France, conserve une vie sportive bien remplie.
Triathlète et marathonien à ses heures perdues, il répond favorablement à l'invitation alsacienne. « Ça s'est décidé en novembre dernier, raconte le Mazamétain. Cette épreuve est différente de celles que j'ai connues jusqu'à présent, à Londres, paris ou New-York. Quand vous avez 35 à 40 000 concurrents sur une course, il faut jouer des coudes pour se placer. »
Ces considérations ne sont évidemment pas entrées en ligne de compte, hier matin. Le vainqueur Arnaud Bucher en tête, les participants nourrissent tous un immense respect pour la carrière de « Jaja », constamment épié le long des routes par une foule d'admirateurs. A la limite, si certains ont pu se prêter au jeu de la petite bousculade, ils appartenaient d'abord au camp des spectateurs.

Durant les trois quarts de son marathon, Laurent Jalabert a donné l'impression de se fondre dans la masse des coureurs anonymes. Le coureur de Montauban avait averti qu'il ne jouerait pas la gagne mais, tout de même, on n'osait imaginer qu'un tel compétiteur se contente d'une honorable place dans le top 20.
Facile à repérer avec son dossard 1 000, il fut un instant relégué à plus de dix minutes du peloton de tête, aux abords de Wangen, alors qu'il ne restait déjà plus qu'une quinzaine de kilomètres à parcourir. « Au début, je n'étais pas trop réveillé, sourit-il. Mais au fil des kilomètres, ça allait de mieux en mieux. J'ai accéléré à partir du 30e et j'ai fini fort. » Tellement fort qu'il échouera finalement au pied du podium, à 7'25'' d'Arnaud Bucher.
« Un marathon est un combat personnel, on n'est jamais sûr d'aller au bout, continue le Mazamétain. Contrairement à mes habitudes, je n'ai pas préparé cette course avec des séances spécifiques de fractionné. J'ai simplement entretenu ma condition physique. C'était dur mais je me suis fait plaisir. »
Source : DNA