Pourquoi courez-vous ?

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20 Novembre 2009 à 13:43 dans
- REFLEXIONS

Oui, je sais, vouloir enterrer 2009 à la mi-novembre se serait comme installer des décorations de Noël dans les magasins en octobre. Impensable... beaucoup trop tôt ! 
Et pourtant, à quelques semaines près, je sais que je n'atteindrai pas les 5'000 km cette année. Plusieurs raisons à cela. Le sol gelé et la fraîcheur du début d'année ne m'ont pas boostés pour mes sorties. En juin une satanée tendinite m'a mis k.o. et la reprise en juillet fût laborieuse. Du coup, par rapport à mes critères, j'ai le sentiment de m'être trainé cette année.
Je suis content du marathon de Monaco avec une belle progression (environ 40 mns), je me suis bien éclaté sur les 20 km de Lausanne, je suis partiellement satisfait des 100 km de Bienne (abandon au 88ème km à cause de la tendinite au genou gauche) et je pense que j'aurais dû faire mieux sur des courses comme La Petite Trotte de Vernamiège ou le semi-marathon de Lausanne. Loin de moi l'idée de jouer à la soi-disant victime, mais force est de constater que cette année a été en dents de scie pour la course. Cela dit, j'ai appris 2-3 trucs en plus : j'ai encore du travail à faire au niveau de la résistance, je peux augmenter encore ma vitesse et trop d'entraînements "courts" tuent ma personnalité de coureur, celle de celui qui souhaite se diriger sur du long.
Prochain objectif : les 24 heures de Bâle en mai 2010. Une première pour moi, mais j'y pense déjà positivement, je visualise la course, je ressens les bons et les mauvais moments, j'entends les spectateurs et ceux qui accompagnent, je sais que le milieu de la nuit sera plus compliqué (normalement) que le reste de la jounée et je suis ouvert à tout ce qui peut arriver par exemple la pluie... Je partirai certainement sur un objectif de 160 km. D'ici là, je pourrai tester l'alimentation et être très au clair sur ce que mon estomac accepte ou non.
"On" dit que ceux qui réussissent leurs projets, sont des personnes qui ont plusieurs coups d'avance. Qui réfléchissent à long terme, voire à très long terme. J'ai lu qu'un PDG d'entreprise au Japon avait une vision de ses objectifs à 200 ans
*. Ma vision ne va pas aussi loin, mais mon intérêt pour la Badwater est resté intact, même si je sais que c'est une course de folie (Je pense par exemple à Jean-Luc Ridet qui a dû stopper cette course à cause d'une grave déshydratation). Je garde en objectif de tenter de m'y aligner en 2014. D'ici là, il y aura un budget à monter et augmenter très sensiblement le nombre de courses d'au moins 160 km. Du coup j'ai ma vision sur plusieurs années et professionnellement aussi, avec d'une part le coaching Feedback Sàrl et le développement du site Esprit Course, site qui me tient particulièrement à coeur.
Je retiens de cette année que les sorties longues sont meilleures pour moi que d'aller faire du stade et que je devrais pouvoir réaliser régulièrement des sorties plus longues en 2010.
Et comme disait l'autre : "Courir c'est bien, courir beaucoup c'est mieux, courir trop c'est parfait" !


Je trouve que la course à pied est une belle métaphore pour représenter la vie. Etre sur son chemin, tenir le coup, ressentir pleinement les sensations d'être en vie, apprécier le goût de l'effort et en être récompensé. Et comme la vie, une sortie peut être agréable par moments, plus difficile à d'autres, elle paraît simple et quelques fois particulièrement compliquée.
Les sensations de course qui permettent d'aller en soi, en profondeur, ne viennent pas à la 1ère sortie, ni à la 5ème... non, il faut déjà avoir accumulé quelques kilomètres pour commencer à sentir son corps et son mental laisser tomber les mécanismes de défenses.
Il n'y a pas d'obligation à voir et à vivre la course sous des aspects psychologiques ou spirituels (tout comme la vie). Cependant je ne peux imaginer faire quelque chose, avoir une activité, communiquer... sans donner de sens. Certains s'en portent très bien sans, c'est ainsi et c'est tant mieux pour eux, car chacun doit pouvoir vivre sa course (sa vie) comme il le souhaite, comme il l'entend.
La course est avant tout (pour ma part) un état d'esprit. L'esprit de compétition est très peu présent chez moi. Juste ce qu'il faut pour améliorer certains chronos. Je préfère de loin la capacité à courir longtemps et souvent. C'est ce que j'appelle être sur mon "droit chemin". Alors comment donner du sens à une course sans objectif précis ? Est-ce le bien-être ? La sensation de se sentir léger ? Une promenade plus rapide qu'en marchant ? Voyager à moindre frais ? Une forme d'aventure intérieure qui est déclenchée par l'effort physique ?
Quand je vous dis que la course est une belle métaphore de la vie...

Je l'ai vu durant l'heure de midi. J'ai bien compris son petit manège, et comment ne pas le reconnaître dans son t-shirt parfaitement ajusté. Il portait un hydrobag, la casquette était impeccable. Le pas léger et la foulée assez ample pour un traileur. Mais c'est ti pas honteux de venir me narguer à quelques mètres de moi ? Alors que je dois soigner une tendinite au genou gauche, il passe là, sous mes yeux, mine de rien, traçant son chemin sans même dédaigner me regarder. Tout se perd ami(e)s coureu(ses)rs ! Jamais je n'aurais pensé que l'on puisse me faire cet affront...
Je l'ai vu durant le temps de midi attaquer cette montée et disparaître ni vu ni connu derrière un mur. Je l'ai imaginé rejoindre la forêt et la montagne. J'ai bien tenté de courir avec lui en pensée... mais pensez-vous quand on est hors de soi à cause d'une scène de course aussi indécente, se concentrer devient tout simplement impossible !
Je l'ai vu du temps de midi s'éclater et prendre du plaisir. J'en suis ce soir certain, c'était une épreuve initiatique pour tester ma raison, celle qui fait autorité et qui me garde bien de reprendre la course trop tôt.
Je l'ai vu du temps de midi courir et se faufiler sur un chemin en pente, le Tentateur était là ! Et je n'ai pas succombé...

Depuis le samedi 13 juin vers 09h30 je n'ai pas couru pour cause de tendinite. Le repos doit être d'un mois. Le plus pénible dans cette histoire est que lundi soir les douleurs musculaires avaient disparues, mardi plus de douleur au genou gauche et donc la récupération était plutôt bonne. Sans la tendinite j'aurais certainement repris la course tranquillement depuis mercredi. Il est fort probable que dimanche j'aurais fait un décrassage en une vingtaine de minutes. Donc quand les sensations sont bonnes c'est difficile de penser que se reposer est encore utile. Et pourtant, reprendre la course trop tôt risquerait de me bloquer peut-être plus longtemps.
Aujourd'hui en Valais il pleut, et ce temps aide à rester zen face à la demande physique d'aller courir car je n'y serais peut-être pas aller même dans une période de grande forme... quoique...
Alors je vis le plaisir de la course à travers les derniers efforts surhumains de Christian Fatton à la TransEurope FootRace http://www.christianfatton.ch/trans_eu.php plus de 4'000 km entre Bari dans le sud de l'Italie et le Cap Nord. Je me suis pris un grand bol d'air pur en surfant sur le site officiel du marathon des Alpes-Maritimes http://www.marathon06.com ou encore en pensant à celle que je considère pour le moment comme l'Extraordinaire, le Joyaux, le Précieux, l'Ultime... la Badwater http://www.badwater.com/

Evidemment ma formation en PNL, psychologie et en coaching sont des atouts importants pour la gestion des pensées durant l'effort. Connaître ses capacités physiques est aussi un élément essentiel et j'ai d'ailleurs hâte d'en savoir plus sur mes zones (fréquence cardiaque) au mois de mai. Cela me permettra de confrontrer mes ressentis aux résultats scientifiques (Coeur, sang, masse corporelle, puissance etc...).
Et pour vous c'est comment ?
J'attends vos commentaires

Pourtant, tout le monde sait que le bonheur ne tient à pas grand chose. Et ce soir pour ma part c'est l'inscription au marathon de Monaco. A vrai dire je n'y croyais plus malgré une vision très claire où je ne pouvais m'empêcher de m'y voir. Et là, les solutions se sont mises en place. Alors cette inscription me fait pratiquement plus plaisir que celle de 2008. L'année passée cela me permettait de fêter un évènement, cette année c'est différent... Alors comment vais-je m'y préparer à quelques jours du 22 mars ? Excellente question
Ce que je sais : j'ai un stock d'endurance, ça c'est bon. En revanche je manque de résistance et de vitesse et connaissant le parcours cela risque de me pénaliser.
Ce que je veux sur ce parcours : le courir en 04h00 pour le routard que je suis m'irait très bien. Je veux aussi gérer correctement l'apport en sucre, et ça c'est pas si simple.
Du coup je vais revoir ma phase d'entraînement les jours à venir avec du travail de fractionné et garder une sortie longue par semaine. De plus comme je vais devoir m'adapter à cette bonne nouvelle il me faudra garder des forces pour le 22 mars et surtout ne pas essayer de placer en 2 semaines 10/12 semaines qui auraient été nécessaires pour une préparation adéquate.
Je vais en profiter pour tester les nouvelles baskets Mizuno qui sont arrivées cette semaine (Wave Rider 12). Pour les vêtements qui sont aussi arrivés à bon port le test devrait être plus aisé 
Il y a évidemment une donne que personne ne maîtrise et qui cette année me perturbe un peu : la météo ! Etant plutôt un frileux... les 19° de l'année passée à Monaco m'iraient parfaitement...
Que me souhaiter ? DU PLAISIR !
http://www.monaco-marathon.com/_marathon/marathon.php
Je lisais ce matin le témoignage d'un ultra marathonien sur le forum des UltraFOndus qui raconte un entraînement qu'il a réalisé. Il revoit une ancienne connaissance qui lui dit en gros "Ton entraînement est nul..."
Perso, c'est le genre de personnage que "j'adore", en particulier dans la course à pieds... vous savez ceux qui ont tout fait, qui savent tout et qui malheureusement pour eux ne savent que ça 
Pour ma part voici comment je vois ma pratique de "routard" avec 2 exemples : Vu que la patinoire commence à laisser un peu de place au sol dit normal, je recommence à faire mes entraînements au feeling, au plaisir... Ce week-end des z'amis sont venus manger à la maison. Je leur ai fait goûter quelques plaisirs rouges et blancs du cru
Le lendemain la tête pas très claire je suis allé courir 20 bornes. Quelques fois je mange comme 4 et je pars courir 1/2 heure après...
Ce que je crois, c'est qu'il est important de faire comme on le sent. La seule cohérence qui compte, c'est la notre. Si je m'approche de l'ultra c'est aussi et surtout pour la liberté. Des connaissances m'ont déjà dit qu'il serait intéressant de rejoindre un club. Mais ce n'est pas de cela dont j'ai envie. Je n'ai pas le goût d'aller taquiner par n'importe quel moyen le chrono. Quand je vais courir, j'y vais aussi pour être avec moi, pour me "promener", pour faire un tour, pour réfléchir, pour "méditer", pour me découvrir etc... La course est une belle activité de développement personnel, et c'est en cela que je crois.
C'est aussi pour ces raisons, à part sur le travail mental, que je refuse de donner des conseils sur la préparation physique, car mes sorties me sont adaptées, mais pas forcément aux autres. Concernant la préparation mentale, c'est différent, pas de risque de blessure...
Vous aimez courir par plaisir ? Alors continuez ! 
Je lis une interview (réalisée par Florian Egly - Sport24.com) tout à l'heure de Marc Madiot évoquant l'équipe de la Française des Jeux qui entame sa 13e saison dans le peloton. Et là vous vous dîtes : "Ca y est Stéphane va se mettre au vélo". Non mais j'ai été interpelé par une affirmation de Marc Madiot, qui parle de sportifs professionnels...
Marc Madiot : [...] On a pu voir lors de notre préparation hivernale qu’il y avait une excellente cohésion, un bel esprit collectif. On a fait des choses nouvelles (VTT, footing). On a demandé des trucs très durs aux coureurs, comme courir dans les sous-bois par -5°C. Quand ils rentraient à midi ou le soir, ils étaient contents, non pas d’en avoir fini, mais du travail accompli [...]Quand je lis ça je me dis que courir par -5° n'est pas si dur que ce que dit Marc Madiot..., d'autant que les cyclistes pros, même s'ils préfèrent leurs bécanes (ce qui est normal) que d'aller user leurs baskets sur le bitume, sont justes super bien taillés, très endurants et très résistants. Donc en lisant ça, je comprends mieux pour quelles raisons certains me prennent pour un fou furieux
Depuis quelques mois vous avez peut-être vus qu'Adidas propose à ses clients de "designer" ses paires de baskets. Vous choisissez un modèle, les couleurs (jusqu'aux lacets), vous y ajouter votre nom etc... Asics pour le marathon de Paris sort la "Gel Nimbus Paris". Mizuno avait pour sa part, comme d'autres marques le font pour leurs champions, "customisé" les baskets de Serge Girard. Des baskets oranges avec son nom écrit dessus... classe 
J'aime bien cette idée de créativité, de pouvoir se différencier, d'avoir en quelque sorte une paire de basket unique. Ca ne fera pas aller plus vite ou courir plus longtemps, mais cela à l'avantage d'avoir son propre look et plus celui imposé par la marque et cela démontre que les bonnes idées pour la course à pieds peuvent encore être créées, rêvées...
Face à certaines interrogations (positives) sur ma pratique de la course, j'ai pensé à cet article. A vrai dire c'est une passion, même si je n'aime pas ce mot... Le mot passion vient de souffrance... Certains ont une passion pour les voitures, d'autres pour le foot, d'autres pour le jeux, d'autres n'ont aucune passion, d'autres attendent le mois de juillet pour partir en vacances au même endroit comme chaque année, d'autres aiment voyager... et y a des gars qui adorent retrouver les sensations d'un acte naturel : courir.
Mais y a pas que des gars, y a des fifilles aussi ! Et beaucoup mettent une sacrée pâtée aux mecs ! Pour ma part courir n'est pas qu'un effort, c'est une activité plus subtile qu'il n'y paraît (Préparation, mental, hydratation etc...). 5'000 km/an est encore à ma portée. Certains coureurs taquinent les 9'000 bornes/an... là ça rigole.
Alors pour 2009, 5'000 km à courir peut devenir une carotte, même si cela ne sera qu'un effet à des objectifs plus importants durant l'année (24h & 100 km).