Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Course à pied

Christophe Vissant - Interview

 
LE SITE DE CHRISTOPHE VISSANT 

Christophe Vissant fait partie de ces quelques personnes que l’on rencontre une fois dans sa vie. « Ces personnes qui réalisent des trucs bizarres » diront certains. « Un gars qui aime la vie et en profite » diront d’autres. Pour ma part je me permets de créer pour lui une nouvelle catégorie de coureurs : Un Extrême Ultra Marathonien ! Parce que ce qu’il réalise est de l’ordre du divin. Il y a forcément une main invisible qui le pousse. Christophe, grâce à toi nous devons accepter ce qui est : Les Anges sont parmi nous !

D’ailleurs c’est peut-être eux qui lui mettent quelques bâtons dans les foulées ces temps-ci, juste pour le tester encore un peu, juste pour lui donner encore plus de foi, de force et de confiance. Pour qu'il puisse juste encore fixer un moment de plus ses proches dans les yeux et leurs tenir la main. Juste pour l’aider à se poser, un peu, mais pas trop longtemps…

Sa fabuleuse course AUBAGNE – SYDNEY (plus de 22'000 km !) est reportée en avril 2013. Mais cela n’empêche pas Christophe d’en faire une « plus courte… » en mai 2010 il courra d’AUBAGNE à ATHENES.

Christophe a accepté volontiers de répondre à mes questions.

Stéphane Abry : Tout d’abord Christophe, comment va la santé ?

Christophe Vissant : Salut Stéphane ! En ce moment c’est la galère car je suis privé de course à pied. Je me suis déplacé le bassin, et un œdème s’est créé à la hanche, provoquant une grosse tendinite. Certainement des séquelles d’Aubagne – Paris (en mai  2008), une tendinite au tibia gauche, m’a obligé pendant la course à compenser d’un côté. Je me suis planté dans le choix de mes baskets, heureusement Serge Girard et sa femme Laure, m’ont conseillé durant la course de changer de running ! Des leçons à garder en mémoire, j’ai appris beaucoup jusqu’à Paris.

Actuellement c’est ostéo, kiné, infiltration et surtout repos complet, en espérant ne pas subir d’intervention chirurgicale. C’est difficile de ne plus courir, je ronge mon frein, je regarde des DVD de Serge Girard quand le moral est bas et j’en profite pour m’occuper de ma petite famille. 

SA : Cette pause forcée peut avoir une influence sur ta préparation ?

CV : Malheureusement oui, quand le corps dit « Stop » faut le respecter. J’ai couru plus de 8000 km en 2008 et autant en 2007, il est temps de le reposer un peu. Avec toute mon équipe, mon kiné qui m’a suivi jusqu’à Paris, puis mon médecin du sport nous avons débriefé sur Aubagne – Paris, j’ai beaucoup souffert, courir 75 KMS tous les jours pendant 15 jours c’est vraiment difficile moralement et physiquement

Ma préparation pour Athènes et Sydney sera complètement différente : préparation plus longue mais avec moins de kilomètres par semaine, par contre avec des sorties beaucoup plus longues et plus de repos entre les grosses distances. Je vais aussi suivre les conseils toujours judicieux et précieux du « Boss » Serge. C’est vraiment un MONSIEUR, et je le considère comme le plus grand sportif «  tout sport confondu » c’est exceptionnel ce qu’il a réalisé, trop de gens l’ignore encore !

SA : Ton entraînement devrait reprendre quand ?

CV : J’espère en mars, tout dépendra si je dois me faire opérer.

SA : Une semaine « normale » d’entraînement ressemble à quoi pour Christophe Vissant ?

CV : 200 à 250 kilomètres par semaine 6 jours sur 7 avec une longue sortie de 7 à 8 heures 1 fois par semaine, l’occasion de peaufiner les ravitos, et les réglages avec mon équipe. Pour l’anecdote, je pars bosser en courant tous les jours 45 km environ, l’idéal pour ne pas polluer et montrer l’exemple.

SA : J’imagine que tes stratégies mentales sont déjà bien affinées, mais y en a-t-il une que tu vas utiliser plus qu’une autre ? (Chanter dans ta tête, compter, visualiser une image forte…)

CV : Les 24’566 km que j’ai parcourus depuis 6 ans se sont peu à peu transformés dans ma mémoire, en une sorte d’instant unique, magique hors du temps, loin du système, avec toujours le même bonheur d’aller plus loin. Courir jusqu’en Australie est quelque chose d’unique, encore faut-il pouvoir le comprendre. J’estime que je ne pourrais pas partir si je ne me sens pas libre de le faire, avec l'accord de toute la famille.
Il faut être concentré à 100% et je suis "un coureur de tête". Durant mes courses, j’ai besoin de me sentir soutenu et savoir qu'on pense à moi. Si je ne suis pas aimé, si je sais que ma femme n'en a " rien à foutre ", pourquoi rentrer ? Parce qu'à la maison, je reçois tout l'amour dont j'ai besoin et que j'offre le mien à ma famille. Je me sens également obligé de justifier pourquoi je fais ce genre d'expédition. De nombreuses personnes m’ont traitées de fou et estiment que ces aventures sont inutiles. Je veux accomplir des actes en essayant de repousser mes limites et planter mes baskets sur la grande barrière de corail. Approfondir ma connaissance de la nature & continuer ma quête de la connaissance de soi.

Tu le sais aussi bien que moi, dans ce genre de course le mental c’est 90 %, je me suis vu lors d’une étape jusqu’à Paris les pieds en sang, saigner du nez et même des oreilles, tout en étant heureux car j’étais super bien dans ma tête. Serge effectue dans sa tête des équations à 3 inconnues quand il court, moi qui suis un passionné du monde marin, je me crée dans mon esprit des récifs artificiels sous-marins ou je fais cohabiter toute sorte d’espèces végétales et animales. Parfois quand ça vas vraiment mal, j’admire le paysage, je parle même aux vaches (ça fait beaucoup rire mes suiveurs !) et je pense toujours à la chance que j’ai d’être vivant, bien debout sur mes 2 jambes, et que je suis un privilégié d’être là !

Je pratique aussi la sophrologie, j’écoute beaucoup de musique de relaxation et de yoga, ce qui énerve mes 2 filles adolescentes qui préfèrerait que j’écoute Britney Spears !

SA : Nous sommes à 22'382 km plus loin qu’Aubagne… comment tu la vois ton arrivée ?

CV : Je me vois courir sur Harbour Bridge, le plus long pont à arche d’Australie à Sydney et dans le monde, en apercevant l’opéra se dessiner devant moi, en espérant que je cours au ralenti, et que cela ne s’arrête jamais !!!

Avec toute mon amitié Christophe et que ton rêve devienne un peu le notre…


Bruno Heubi, l'interview

 
La réalisation de cet ouvrage est le fruit de plus de trente années de pratique de la course à pied (dont sept en équipe de France des 100 km, de 1998 à 2004, et seize en tant qu’entraîneur).

Que vous pratiquiez la course à pied pour le plaisir, le bien-être ou la compétition, ce livre vous permettra :
  • d’arriver à courir 20 minutes sans vous arrêter
  • de boucler votre premier 10 km
  • de vous lancer sur marathon
  • de préparer un 100 km ou un ultra trail

Vous trouverez dans cet ouvrage tous les conseils et les informations nécessaires pour réaliser votre défi personnel.


A l'occasion de la sortie de son livre "Courir longtemps", Bruno Heubi a accepté de répondre à mes questions. 

Stéphane Abry : "Bruno, ça veut dire quoi, pour toi, courir longtemps ?"

Bruno Heubi : "On a chacun sa définition, "son" longtemps. Pour moi ce sera 15 heures et pour un autre 15 minutes !
Ce qui réunit tous ces gens c'est la même envie d'aller voir un peu plus loin que leurs limites actuelles. Une volonté de dépasser les bornes dans tous les sens du terme. D'ailleurs longtemps doit se comprendre aussi dans les deux sens du terme."

SA : "Qu'est-ce qui t'as poussé à écrire ce livre ?"

BH : "La même démarche qui est celle qui m'anime avec mon site internet et mon forum : transmettre mes connaissances et mon expérience. Mais aussi inspirer et donner l'envie car j'aime ma discipline et j'ai envie de participer à son évolution."

SA : "On dit souvent que le mental est essentiel pour les longues distances. Comment peut-on l'expliquer ?"

BH : "Le mental est important dans tous les moments de la vie où il faut se dépasser, aller plus loin. On a coutume de dire que pour les longues distances, tout est dans la tête. Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation qui consisterait à minimiser la partie physique. Sans des aptitudes au top, on ne peut réussir sur les longues distances.
Mais c'est vrai que sur des formats qui comportent plusieurs heures, pour que le corps continuent d'avancer, il faut un mental qui prenne le dessus sur les contraintes physiques. En résumé, je dirais que les deux sont intimement liés et inter-dépendants. On ira pas loin sans une bonne préparation physique et on s'arrêtera dès que la volonté fléchira lors du premier pépin physique."

SA : "L'alimentation est aussi un domaine que tu connais bien, pour courir durant 24h on peut taper dans le cassoulet et la choucroute ?"

BH : "Pourquoi pas ! Ce qu'il faut, c'est bien se connaître et écouter son corps. C'est ce que j'ai fait tout au long de mon premier 24h. Je m'étais imaginé des tas de scénarios "culinaires" et finalement j'ai suivi mes envies en mangeant très peu, assez souvent et jamais sous forme solide. Mais le prochain sera peut être différent. En tout cas je m'y prépare afin de ne pas être surpris et déstabilisé."

SA : "L'épreuve de rêve que tu aimerais courir ?"

BH : "J'en citerais deux : Les Comrades pour le mythe que cela représente pour un cent bornard (que je ne suis plus trop). Le Spartathlon qui correspond davantage à ma spécialité du moment, le 24 heures.

Site de Bruno Heubi : http://www.brunoheubi.com/

Forum de Bruno Heubi : http://forum.brunoheubi.com/

Pour commander le livre "Courir longtemps" : http://www.brunoheubi.com/Commande-livre.pdf