Marathon de Monaco 2009 - Compte-rendu
PARCE QUE LA VIE VAUT D'ÊTRE COURUE !
Ce week-end je l'ai rêvé car j'ai un coup de coeur pour le marathon de Monaco. J'aime le tracé, j'adore le paysage, j'apprécie l'ambiance et il rime pour moi avec les premiers rayons de soleil. C'est un endroit où je me sens bien, c'est une région où j'aime courir.
Vendredi 20-03-09 : Tout est ok. Check-list au poil et un léger stress (qui fait du bien) commence à se faire sentir. A vrai dire, aller courir n'est pas le souci mais faire la route et penser à tout... OUI !
Cependant ce ressenti est de la partie et je n'ai pas envie de le faire disparaître.
Samedi 21-03-09 : Levés à 05h00, départ à 06h15. Le temps est dégagé, l'autoroute "nous appartient" et la montée en direction du tunnel du Grand St Bernard est top à cette heure là. -11 degrés à Bourg St Pierre...
Avec Sandra nous avons quelques habitudes de vieux couple en prenant cette route. Nous aimons prendre notre café au même endroit en Italie, nous nous étonnons à chaque fois pour les mêmes paysages, le timing... et notre GPS nous propose de prendre une autre route... étonnant... Nous découvrirons plus tard qu'il avait un problème pour retrouver certaines cartes routières. Pour celles et ceux qui connaissent la route, nous sortons à Cerva et nous voici embarqués dans la montagne direction Vintimille. Pour le timing ça ne change rien. C'est plus court, ça monte, ça tourne et le paysage est juste : magnifique !
(Vue sur un village entre Cerva et Vintimille)
Mais par moment nous nous demandons quand même si c'est bien la bonne route. Par endroit, nous croisons à peine une autre voiture et les gens du coin ne sont pas du style à respecter le code de la route
Après une bonne heure de petites routes, nous arrivons au sommet d'une montagne où la route est barrée... Un homme fait la circulation... j'utilise mon italien : "Mah ? Qu'est-ce qui cé passe ?" Le gars m'a compris, Sandra prend le relais, bref nous sommes bloqués normalement durant 5mns (En réalité 25mns) car nous sommes arrivés pendant des essais d'une étape de rallye...
(C'est encore loin Monaco ???)
Ca y est nous venons de garer la voiture dans le parking du Stade Louis II. Nous prenons le dossard (pas très souriante la dame du staff...), nous allons chercher le t-shirt (très sympa cette dame du staff ! Comme quoi méfions-nous des 1ères apparences). Gros bémol sur le Marathon Expo qui n'est pas digne d'un marathon international. Mais je suis convaincu qu'en 2010 il sera beaucoup mieux !
Plat de pâtes dans une brasserie/pizzeria monégasque et café avec Nathalie. Et le temps file (trop vite), nous avons trouvé un hôtel sympa et pas cher (que nous connaissions déjà) à St Laurent du Var. 30 mns de route mais ça valait le coup. On se pose 1 heure de temps et nous retrouvons Thierry un ami de Nice qui nous prend sous son aile pour aller manger. Thierry reviendra nous voir le dimanche. Merci à toi pour ton amitié !
Dossard épinglé au t-shirt. Puce "installée" sur la basket et à 23 h tout le monde au lit.
Dimanche 22-03-09 : Il est 06h, debout là-dedans ! Vérification du temps et de la T°... Oulala ça caille... 4° je commence à avoir des doutes sur la stratégie d'habillement. Par la suite la température montera très vite et au départ elle ne sera plus qu'un mauvais souvenir.
06h30 le petit dèj' est terminé, il est temps de passer à la préparation (Crème anti-frottements, habillement, gourde pour commencer à boire régulièrement des gorgées de boisson isotonique de Powerbar, prendre 2 gels, vérifier le contenu du sac pour la douche etc...). Dans ces cas là, j'aime avoir le contrôle et que le timing soit respecté. Sandra le sait et je la vois aussi attentive que moi pour que tout se passe bien. Nous partons à 07h16 au lieu de 07h15
Quand je vous dis que l'heure c'est l'heure !
Quand je vous dis que l'heure c'est l'heure !Jusqu'à Monaco ça roule parfaitement. Pas de souci pour le parking au stade. Je donne mon sac (rechanges) je le retrouverai après les massages. CA Y EST ! Je sens un peu de tension au niveau de l'estomac, un léger trac apparaît mais je l'aime bien, il n'est ni dérangeant ni figeant. Un pissou d'ange dans les toilettes aménagées sur le port. Je trotte un peu pour l'échauffement, je fais quelques étirements et avec Sandra nous profitons de cette ambiance particulière d'avant course. Il règne une atmosphère lourde et légère à la fois. C'est compliqué de la traduire par des mots. L'échauffement en groupe commence. Pour ma part c'est pas mon truc (vieux loup solitaire...). Le speaker nous appelle... ça sent bon le départ !
(Avant le départ sur le port. Le mistral donne la chair de poule...)
(La puce 508...)
(Les pros avant le départ. Je suis loin derrière...)
(Ambiance tendue et drôle à la fois. Il y a toujours un coureur qui raconte quelque chose qui fait rire tous ceux qui l'entourent)
(Je l'avais estimé favori de ce marathon sur Esprit Course... 02h10 plus tard il battra le record de l'épreuve, le Kenyan Ben Mutai Kimwole)
Le départ est donné, je me souviens du tracé, je sais que je dois partir tranquille car nous sommes assez vite sur du faux-plat. Je veux être à 5:20/km (Environ 11,25 km/h). J'ai prévu le 10 km en 53:19 (je le passerai en 54:53), le semi en 1:52:31 (j'y serai en 1:53:007), le 30ème en 2:39:58 (je le courrai en 2:39:00) et le marathon en 03:45:00 (j'y arriverai en 03:51:23). J'ai pris une gourde avec de la boisson iso et 2 gels. Je commencerai à boire dès le 1er quart d'heure afin de ne pas me déshydrater car je sens que la chaleur est en train d'arriver. Tout le long du parcours je n'ai aucune difficulté. Les faux-plats ne me posent aucun souci, la descente de Roquebrune est abordée avec humilité et lenteur, ce qui me permet de mieux relancer sur le plat de Menton. Nous croisons Kimwole qui court comme une gazelle vers la victoire. Impressionnant ! Le public et les coureurs l'applaudissent ! Quelle légèreté !
Le long faux-plat dans les tunnels qui nous mène en Italie me paraît plus long qu'en 2008... z'auraient pas allongés la route ??? Mais c'est presque le moment où je m'éclate le plus. Dire qu'un an auparavant j'étais déjà dans les choux depuis plusieurs kilomètres... Retour sur Menton, au 25ème je prends 2 sucres de plus (au cas où...) 1 seul suffira d'autant que j'ai décidé et je m'y tiens : 1 gel ver 01h30 de course et 1 autre avant ou après la montée de Cap Martin (Suivant la forme). Ca va ? Disons... "pas trop mal". Je commence à prendre conscience de ceux qui marchent... qui ont plus de difficulté et cela joue gentiment et négativement sur mon mental. Et je commence à sentir que moi aussi j'ai les muscles qui commencent à se durcir et je m'ôte vite ça de la tête. Je fais un peu le fou avec les bénévoles du ravitaillement au 30ème et j'attaque la montée de Cap Martin. Comme dirait Gad Elmaleh : "J'adooooooore !" 31ème, 32ème, 33ème km tout va bien je suis certain d'être dans mon objectif car je suis en avance d'environ 1mn... Mais là sans prévenir, ça y est les voilà... nausées, sur nausées, je suis obligé de ralentir pour ne pas faire mon vomito... ça passe je reprends le rythme, tu parles Charles, ça revient. Bref durant 3 km je vais passer du stade c'est bon à cette fois-ci je n'arriverai plus à retenir. La douleur je sais la gérer. Mais les nausées j'ai plus de peine. Alors je passe à du 10 km/h, parfois je remonte à 12 km/h, mais sur la fin de la course je perds quelqus minutes et je terminerai en ayant la crainte de vomir... (Sexy non ???
)
) (Durant la boucle de départ dans Monaco)
(Kimwole va battre le record à Monaco. Merci Sandra pour les photos. Ca ne se voit pas à cet endroit du stade car le public est au soleil de l'autre côté, mais il paraît que les spectateurs étaient survoltés ! Super ambiance pour l'encourager !)
Le dernier km est plus long qu'un km "normal"... Je sens que par moment j'ai peut-être un peu trop forcé. J'ai l'endurance mais peu de résistance... Ca y est je suis dans le stade ! Je cherche Sandra. Je sais qu'elle est dans les gradins. Je la vois, petit coucou, je passe la ligne d'arrivée en 03:51:23 Je suis heureux car depuis 2 ans que j'ai repris la course à pieds je ne fais que progresser. Je récupère ma médaille. Et j'arrête de courir... trop vite, trop brutalement (j'aurais dû encore trottiner... pourtant je le sais) et je m'appuie contre une barrière. J'ai la tête qui tourne, je cherche ma respiration, j'arrive à expirer mais plus à inspirer... je sens mon coeur qui s'emballe car je commence à flipper un peu, surtout quand je commence à sentir des fourmis dans les pieds, dans les mollets... je n'ai jamais ressenti cela... je cherche les secours, je m'approche d'eux. Ils me demandent de me mettre assis. On discute et ça passe... ouf ! Direction le ravitaillement : boisson iso, quartiers d'orange, 1 café, une couverture de survie pour garder le chaud. Go aux massages et je commence à m'endormir sur la table
Je récupère mon sac, vestiaires, douche et retrouvailles avec Sandra et Thierry. Sandra insiste pour faire graver la médaille. P'tite bouffe et retour en Suisse !
Je récupère mon sac, vestiaires, douche et retrouvailles avec Sandra et Thierry. Sandra insiste pour faire graver la médaille. P'tite bouffe et retour en Suisse ! (Kimwole : ou comment voler quand on court !)
(Abry : ou comment faire pour arrêter ce satané chronomètre !)
(Jackson Rono termine 2ème en 2:17:50 et le Russe Andrei Bryzgalov 3ème en 2:18:03)
(Hein ? Quoi ? Qui ? Où je suis ?)
Je me suis éclaté. J'ai pris beaucoup de plaisir à courir cette édition du marathon de Monaco. Je sais que par rapport à mon parcours de coureur je ne ferai plus de performances mais de voir ma progression (38 mns de mieux sur ce tracé) m'encourage à continuer.
Allez ! Le 21 mars 2010, jour du printemps, je le courrai en 03:30:00
-
24 Mars 2009 à 14:35 dans
- COMPTES RENDUS









Félicitation à toi.
Le fan club bressan est fier de toi.
Bisous
Posté par Evelyne — 25 Mar 2009, 19:45
J'aaaddddoooooorrreee le Marathon de Monaco ;-)
Posté par Sandra — 24 Mar 2009, 20:38
Salut Max, la douleur j'arrive à gérer il m'est arrivée en juillet 2008 de courir en ayant très mal au pied droit. Mais j'ai aligné une cinquantaine de km en serrant les dents et ça passait :) En revanche les nausées sont mon talon d'Achille lol
La motivation tu l'a certainement, Max. En tout cas n'oublies pas de travailler la résistance.
Merci pour ton commentaire et je viendrai t'encourager pour ton baptême en octobre !
Posté par Stéphane Abry — 24 Mar 2009, 15:53
Ben là chapeau bas quand même, ça me fascine toujours les gens qui finissent un marathon, généralement dans la douleur.
Ce qui me fait penser que pour le mien, c'est pas gagné! d'où l'importance de se motiver encore plus et de s'enrtrainer encore plus.
Encore félicitations pour ce magnifique marathon.
Max
PS: je suis jaloux!
Posté par Max-imum — 24 Mar 2009, 15:47